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23/02/2010
Bebes made in Ukraine

Les mères porteuses seront-elles autorisées en France? Ébauche de réponse dans quelques jours avec le rapport d’un groupe de travail (1) mis en place par le sénat… en attendant une loi, le tourisme procréatif s’épanouit à l’est de l’Europe. Entre Kiev et Kharkhiv, voyage au royaume du baby business.

Paru le 20.06.2008 , par Prune Antoine



« Devenez mère porteuse ! Rémunération à partir de 3000 euros. » La petite annonce, illustrée d’une jeune fille blonde souriante et d’un numéro de téléphone, figure dans le mensuel gratuit des sorties de Kiev. En Ukraine, la maternité de substitution ressemble à un job comme les autres. Déclarations de bonnes intentions et témoignages se succèdent sur les forums Internet : « Qu’y a-t-il de mal à ne pas pouvoir en avoir et payer pour cela? » interroge Natalka, 28 ans. « Je ne vais pas abandonner mon enfant puisqu’il n’est pas vraiment de moi », justifie Ganna, 25 ans. « Quand je vois les visages heureux des parents, je me dis que j’ai fait quelque chose de bien. »

Dans cet ex-État soviétique où le salaire mensuel moyen plafonne à 200 euros, le refrain du don désintéressé connaît cependant quelques couacs. Si les Ukrainiennes acceptent de jouer les « nounous » pour des couples français, belges ou allemands, c’est généralement pour l’argent. Car là-bas, le mot « étranger » rime avec « fortuné ». Et à l’école du capitalisme sauvage, on joue avec ce que l’on a.

Depuis peu, l’Europe de l’Est figure parmi les destinations de choix des couples européens confrontés à l’infertilité. Tarifs low cost et législation plus souple, les agences et cliniques spécialisées dans le baby business s’y sont multipliées : on en recense une vingtaine en Ukraine, dix-sept en République tchèque et une quarantaine en Pologne. Le coût des programmes de « maternité de substitution » s’échelonne entre 15000 et 30 000 euros, « une moyenne ». À titre de comparaison, il faut compter plus de 50000 dollars pour un enfant made in America contre seulement 10 000 en Inde, la nouvelle destination à la mode du tourisme procréatif.


Entre deux cents et quatre cents couples français se rendraient ainsi chaque année à l’étranger pour bénéficier de ces formules tout compris « Ici, quasiment chaque centre de reproduction a sa liste – confidentielle – de candidates possibles », affirme Fédor Dakhno, le père du premier bébé-éprouvette ukrainien, qui dirige l’Institut de médecine reproductive de Kiev. S’il n’existe pas de chiffres officiels, l’on estime à plus d’une centaine le nombre de mères porteuses recrutées chaque année par les cliniques spécialisées. Les chiffres du marché clandestin sont vraisemblablement du même ordre, voire plus importants.

Basée à Kharkhiv dans l’est du pays, la société privée La Vita Felice (la vie heureuse, en italien) propose aux couples stériles ses forfaits clés en main, alliant tourisme et maternité de substitution : de l’insémination au choix d’une mère porteuse sur catalogue, en passant par les billets d’avion, la réservation d’un appartement, sans oublier la traduction et l’assistance juridique. Consulter le fichier des « gestatrices » coûte 1000 dollars, la location d’un appartement pour un mois – le temps d’assister à la naissance de l’enfant et de régler les formalités administratives – 100 dollars. Un pack VIP est même disponible, garantissant aux futurs parents inquiets et absents une surveillance vingt-quatre heures sur vingt-quatre de leur «nounou». Le dédommagement de la mère porteuse ne dépassant généralement pas les 3 000 euros, la marge des médecins, juristes et sociétés intermédiaires reste plutôt confortable.


Contenu du Site: LE FIGARO.fr
http://madame.lefigaro.fr/societe/en-kiosque/1405-bebes-made-in-ukraine






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